Shaden Conseil
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Témoignage anonyme.
Qu’Allah nous préserve du mal invisible et visible.
Témoignage Anonyme
La réalité de certaine femmes.
Parlons du mariage arrangé.
Mais surtout, parlons de celles qui ont dit oui… alors qu’au fond d’elles, quelque chose disait non.
Parce que c’est là que la culpabilité commence souvent.
« J’ai accepté. »
« Personne ne m’a forcée physiquement. »
« J’aurais pu dire non. »
« Alors peut-être que je n’ai pas le droit de me plaindre aujourd’hui… »
Mais la réalité est beaucoup plus complexe.
Il existe des oui prononcés sous le poids de toute une famille.
Des oui pour ne pas décevoir un père.
Des oui pour préserver une mère.
Des oui parce qu’on nous répète que « c’est un bon garçon ».
Des oui parce qu’il est de la même origine, de la même famille, de la même caste ou qu’il coche toutes les cases que les autres considèrent importantes.
Et parfois, dire non signifie risquer le rejet, les conflits, la honte, les menaces affectives ou simplement perdre sa place dans sa propre famille.
Alors oui, la personne a peut-être prononcé le mot « oui ».
Mais il faut aussi avoir le courage de regarder dans quelles conditions ce oui a été obtenu.
Un fléau, des conséquences visible et invisible sur les proches.
« Même caste, même origine, même langue… sur le papier, tout correspondait. Sauf que lui ne me plaisait pas. »
J’ai quand même accepté ce mariage arrangé avec mon cousin.
La nuit de noces a été chaotique. Je ne voulais pas. Il a respecté mon choix.
Un an plus t**d, nous n’avons toujours pas consommé notre mariage.
On ne se parle presque pas.
On ne mange pas ensemble.
On ne partage rien.
Nous sommes devenus des colocataires… et parfois, j’ai l’impression que c’est encore pire que ça.
Je veux divorcer, mais mes proches me répètent :
« Ne plus l’aimer ou ne plus vouloir de ce mariage, ce n’est pas une raison valable. »
Et moi, j’ai honte.
Honte d’avouer qu’après un an, ce mariage n’a jamais été consommé.
Honte de devoir expliquer l’intime pour que ma souffrance soit enfin considérée comme « suffisante ».
Et lui ? Il ne fait rien non plus.
J’ai l’impression qu’il attend que toute la décision, toute la responsabilité et tout le poids de la séparation viennent de moi.
Parfois, deux personnes peuvent être parfaitement compatibles aux yeux des familles… et profondément étrangères l’une à l’autre dans leur foyer.
Et peut-être qu’avant de demander : « Pourquoi veux-tu divorcer ? », il faudrait aussi demander :
« Pourquoi faudrait-il continuer à appeler cela un mariage ? »
Témoignage anonyme partagé avec son accord.
« Parfois il s’excuse. Parfois il boude. Parfois il redevient doux, attentionné, heureux… et moi, je cherche constamment à retrouver ce mari-là . »
Puis la violence revient.
Elle finit par chercher refuge auprès de son père. Sa réponse : « Il n’y aura pas de divorce. »
Mais comment attendre de lui qu’il reconnaisse ce qu’elle vit alors qu’il a lui-même été violent avec sa mère, physiquement, mentalement et financièrement ?
Et au milieu de tout ça, elle se demande :
« Est-ce que ce n’est pas mon retour de bâton ? »
Non.
La violence que tu subis n’est pas une dette que tu rembourses.
Ce n’est pas parce que tu as grandi dans un foyer violent que tu dois reproduire cette histoire dans ton mariage.
Et surtout, les moments de douceur n’effacent pas les moments de violence.
Parfois, ce qui nous maintient dans une relation violente, ce n’est pas seulement la peur de partir. C’est aussi l’espoir permanent de retrouver la personne douce que l’on aperçoit entre deux épisodes de souffrance.
Témoignage anonyme partagé avec son accord.
Je l’ai fait venir du pays. Je l’ai accueilli chez moi, auprès de mon mari et de mes enfants. C’était mon frère. J’avais confiance. »
Puis elle part en vacances avec trois de ses enfants et laisse l’une de ses filles à la maison.
À son retour, sa fille lui révèle que son oncle lui a fait subir un V.
Sa première réaction n’a pas été celle qu’elle aurait voulu avoir aujourd’hui.
Elle ne l’a pas crue.
Entre le choc, la colère, la tristesse et l’incompréhension, elle a demandé à son frère de partir et lui a permis de fuir.
Aujourd’hui, elle vit avec les conséquences de cette décision.
Une fille qui lui en veut et qui peine Ă se reconstruire.
Un fils qui cherche encore cet oncle.
Et une mère rongée par la culpabilité : « Je mourrai avec ce fardeau. »
Ce témoignage nous rappelle quelque chose d’essentiel : lorsqu’un enfant trouve la force de parler, notre première responsabilité est de l’écouter, de le protéger et de prendre sa parole au sérieux.
Parfois, le danger ne vient pas d’un inconnu.
Il peut porter un visage que toute la famille aime et en qui elle avait confiance.
Et lorsqu’une mère réalise qu’elle n’a pas protégé son enfant comme elle aurait dû, reconnaître son erreur est nécessaire. Mais la culpabilité seule ne réparera pas ce qui s’est passé.
Il faut maintenant croire, protéger, accompagner, réparer ce qui peut encore l’être… et accepter que la reconstruction de l’enfant puisse aussi passer par sa colère.
Témoignage anonyme partagé avec son accord.
09/08/2026
Réflexion du jour
« Le mariage en famille, c’est plus sûr. Au moins, on sait chez qui tu vas. »
C’est avec cette idée qu’elle a épousé son cousin.
Il y avait la confiance de la famille.
L’injonction de la maman.
Cette impression qu’en restant « entre nous », elle serait davantage protégée.
Mais être de la même famille n’a jamais été une garantie contre la douleur.
Son mari finit par épouser une autre femme.
Et parmi les choses qui l’ont profondément marquée, il y a ce moment où son propre fils doit quitter sa chambre pour que la nouvelle épouse puisse s’y installer.
Mais dans son témoignage, un autre élément m’interpelle profondément : la place du père.
Parce qu’elle avait parlé.
Une première fois, elle s’était plainte auprès de son père.
Elle avait essayé de lui dire ce qu’elle vivait.
Mais il ne l’avait pas réellement entendue.
Puis un an passe.
Lors d’une visite, cette fois, il ne reçoit pas seulement les paroles de sa fille : il voit.
Il voit son amaigrissement.
Il voit sa peine.
Il observe que quelque chose ne va profondément pas.
Et c’est à ce moment-là qu’il décide d’agir.
Cette partie du témoignage me fait beaucoup réfléchir.
Parce que le rôle d’un père ne s’arrête pas lorsqu’il donne sa fille en mariage.
Elle reste sa fille.
Être présente pour elle ne signifie pas s’immiscer dans chaque difficulté de son couple. Mais il y a une différence entre laisser un couple construire son foyer et fermer les yeux lorsqu’une fille vient dire qu’elle souffre.
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